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Graphique de Dar al Gani, Libye (données Juillet 2001) |
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Strewnfield: zone de recherche potentielle où de nombreuses météorites, provenant de différentes chutes multiples, sont récoltées. |
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| Le plateau de Dar al Gani est un des terrains les plus favorables au monde pour la prospection et la découverte de météorites, particulièrement sur certaines zones où l'ablation du sol est très rapide.
L'ensemble du plateau principal et son extension nord couvrent 6000 km2, et le nombre de météorites découvertes à ce jour dépasse les 1000. Le premier constat est une concentration de 1 météorite pour 6 kilomètres carrés, mais c'est un premier résultat qui ne tient pas compte des différences majeures entre zones à faible potentiel et zones à fort potentiel. Des données complètes seront publiées dans le futur. |
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| Données de localisation des météorites et cartographie des zones Pourquoi est-ce si important ?
1 - Pour trouver les autres fragments d'une chute. Plus de 90% des météorites sont le résultat d'une fragmentation lors de leur entrée dans l'atmosphère et montrent une répartition au sol en ellipse, des individus apparentés sont souvent trouvés chaque fois qu'un travail de terrain méticuleux est fait, donnant ainsi plus d'échantillons disponibles pour les chercheurs et les collectionneurs à un coût moindre. Quand une météorite non documentée ou une nouvelle météorite martienne avec un numéro NWA arrivent sur le marché, l'absence des données de terrain signifie que la masse principale de la chute est perdue. Qui saura où chercher pour trouver les shergottites apparentées avec NWA 480 ou d'autres nakhlites comme NWA 817 ou les morceaux de la chute de NWA 998? Personne ne le sait, c'était des pierres anonymes jetées en vrac dans une caisse. La localisation est l'information principale si vous voulez trouver les pièces manquantes d'une chute, sinon vous aurez 9 millions de km2 à prospecter.
2 - Pour mieux connaître les caractéristiques des strewnfields et comprendre les différentes étapes de leur formation. Les chondrites ordinaires sont des indicateurs qui nous aident à découvrir de nouvelles zones potentielles. Il faut se rappeler que les bonnes zones de prospection couvrent moins de 5% du Sahara, si vous voulez savoir comment reconnaître un bon strewnfield, vous devez noter un maximum de détail et partager informations et connaissances. Les chondrites équilibrées L et H sont des météorites pour lesquelles la localisation est souvent plus importante que la météorite elle même. Ramassez les dans la précipitation et demain vous roulerez au hasard dans le désert, cherchant plusieurs jours pour une météorite car vous ne saurez pas où concentrer vos recherches. 3 - Le désert peut préserver des météorites jusqu'à 50.000 ans. Nous donnant accés à cinquante millénaires d'information sur les chutes. De telles données sont un véritable patrimoine mondial qui doit être archivé. Les informations seront utilisables pour de nombreuses statistiques, parmi lesquelles le taux de chute et les populations des divers groupes de météorites. 4 - Pour permettre l'étude des pairings (individus apparentés) et trouver des corrélations entre spécimens. Les individus d'ureilite provenant de la partie sud de Dar al Gani ont des lithologies différentes, en fait ils proviennent probablement du même météore. C'est l'étude de leur ellipse de chute avec la découverte d'autres pierres confirmant cette hypothèse, qui va contribuer à apporter une nouvelle lumière sur le corps parent des ureilites. 5 - Lors d'une chute, la majorité des météorites reste enfoncée dans le sol. Quelques-unes seulement se brisent à l'impact ou rebondissent sur un rocher, si vous enlevez ces indicateurs sans noter leur localisation, vous enlevez toute chance de retrouver les individus enterrés qui resteront à rouiller dans le sol. Dans des zones de terrain en ablation, cela peut prendre des milliers d'années avant que ces météorites ne réapparaissent, partout ailleurs elles sont perdues. |
| Strewnfields et prospection en climat désertique. ( Richard & Roland Pélisson, SaharaMet ) |
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Les strewnfields Sahariens, ces surfaces propices à la prospection des météorites et favorables à des découvertes multiples, couvrent à peine 5% de la superficie du désert. Spots ponctuels de quelques centaines de mètres carré ou étendues de plusieurs kilomètres carré, tous ont des points communs, les plus connus étant ablation, climat sec et absence de végétation. Mais dans l'immensité du Sahara, l'érosion, la sécheresse et la désertification sont omniprésents, alors qu'est ce qui caractérise une zone propice aux découvertes d'une zone stérile? Il convient de dissocier la recherche des futures zones à prospecter, qui passe par l'étude et la compréhension d'un environnement et de son évolution, de la recherche des météorites. La première s'effectue à grande échelle, c'est un long travail de synthèse et d'analyse de données générales, de cartes et d'observations de terrain, la seconde s'appuie sur les informations récoltées avec chaque trouvaille, notamment la localisation. Avec chaque nouvelle découverte de météorite en place, les coordonnées GPS précises vont permettre de dresser la carte des chutes et par la suite des ellipses associées. Une telle cartographie n'est aujourd'hui possible que dans les déserts chauds, lieux de conservation au climat très sec où les météorites sont restées figées à l'emplacement de leur chute depuis des millénaires. En cas de fragmentation à l'impact, le cône de répartition des fragments peut nous renseigner sur l'axe d'entrée dans l'atmosphère. Outre les résultats précédents, ces études sur Dar al Gani apportent aussi des résultats significatifs en terme de statistiques sur le pourcentage de chutes multiples, qui se révèle être supérieur à 50%. Pratiquement toutes les achondrites ont une ellipse de chute associée et plusieurs individus identiques ont pu ainsi être récoltés. Avec plus de 1000 météorites, environ 200 chutes répertoriées sur 5000 kilomètres carré, dont 100 chutes multiples, le résultat le plus frappant est qu'il existe 9 chances sur 10 pour qu'une nouvelle météorite de provenance quelconque soit originaire d'une chute multiple. En d'autres termes, chaque fois qu'une nouvelle achondrite est découverte, si une prospection systématique et sérieuse est menée, dans plus de 90% des cas d'autres spécimens et peut-être la masse principale seront disponibles, offrant ainsi plus de matériel pour les scientifiques et les collectionneurs. Savoir reconnaître un terrain potentiel en plein désert s'avére être d'une importance capitale pour ouvrir de nouvelles zones, et chaque découverte de météorite en place nous aide à mieux comprendre les mécanismes à l'origine de ces strewnfields. Les terrains propices suffisamment dégagés pour permettre un quadrillage facile et systématique sont rares, mais riches en enseignements, et la cartographie des découvertes, l'étude des "pairings" apportent à la fois des données statistiques et la possibilité d'étendre les recherches alentours. Chaque météorite apporte ainsi sa contribution aux découvertes futures, tout en faisant parti d'un patrimoine que le désert préserve depuis 50.000 ans.
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Le pillage des strewnfields d'Afrique du Nord avec la vente des météorites NWA est responsable de la perte d'informations capitales pour les prospections future. |
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© copyright : SaharaMet, R & R Pelisson
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